ÉVOLUTION DE LA PÊCHE LOISIR...
Diverses rencontres ont déjà eu lieu avec les instances nationales pour avancer sur ce dossier.
La position générale est pour une application raisonnable et raisonnée de normes d'encadrement les moins restrictives possibles, pendant que d'autres organisations poussent vers des interdictions très contraignantes.
L'UNAN à laquelle l'APPR adhère lutte de manière intensive dans le sens de la raison.
Voici et à suivre, le reflet d'une des premières positions communes prise officiellement par nos amis du Morbihan.
Bonne lecture à tous,
JMV
POSITION DU GROUPE PÊCHE DE L’UNAN 56 CONCERNANT
L’ÉVOLUTION PROGRAMMÉE DE LA PÊCHE DE LOISIR
16 07 2010
♦ Repos biologique.
C’est, de loin, la première disposition à prendre : elle est nécessaire et sans doute suffisante
pour la sauvegarde des espèces marines et la préservation de la ressource.
- Disposition nécessaire car il nous paraît impossible d’assurer la survie des
espèces, quelles que soient les autres dispositions, si certains continuent à les
massacrer sur les frayères avec – qui plus est – des moyens de destruction massive
comme le chalut.
- Disposition sans doute suffisante pour les espèces non grégaires car nous
imaginons mal - compte tenu de leur vitalité reproductrice lorsque celle-ci
n’est pas « tuée dans l’œuf » (au sens propre) – que ces espèces puissent être
massivement menacées une fois dispersées sur le littoral.
En résumé pour nous, ne pas ériger le repos biologique en principe de base applicable à
l’ensemble de la communauté des pêcheurs enlèverait tout sens aux autres dispositions.
♦ Taille limite
Pêcher des poissons n’ayant pas atteint leur maturité sexuelle est une hérésie. C’est donc aux
scientifiques de fixer pour chaque espèce la taille correspondante et aux pêcheurs (tous les
pêcheurs amateurs et professionnels) de la respecter.
Au-delà de ce principe, la fixation de tailles minimales encore plus élevées pour les seuls
plaisanciers serait un moyen facilement vérifiable de réguler le tonnage prélevé par ces
derniers. Nous préconisons que cette « taille minimale majorée » soit celle de la maturité
sexuelle des femelles généralement plus élevée que celle des mâles. Nous préférons cette
solution à l’instauration de quotas journaliers qui, en empêchant de réaliser la pêche
de sa vie (le gros lot), supprimerait l’une des motivations des pêcheurs passionnés.
Toutefois la fixation des tailles minimales devrait bien sûr être modulée en fonction des
zones géographiques de pêche, certaines n’étant pratiquement pas fréquentées par les « gros »
poissons et la maturité sexuelle de chaque espèce variable selon les secteurs. Par exemple,
elle est plus précoce pour le Loup de Méditerranée que pour le Bar de La Manche.
♦ Quotas personnels journaliers.
Nous venons d’écrire ce que nous en pensons, du moins pour les espèces nobles
courantes (bars et dorades) qui cristallisent la passion de la plupart des amateurs.
Ceci posé nous admettons que la réalisation de « cartons » par des amateurs est proprement
incompatible avec la notion de « table familiale » même avec la possibilité de consommation
différée qu’offrent les congélateurs. Aussi serions-nous prêts à discuter de limites pour les
espèces grégaires faciles à pêcher (type maquereaux) et même pour les espèces nobles (bars,
dorades) à condition que celle-ci soit suffisamment élevée (une dizaine de bars par exemple)
pour laisser l’espoir de réaliser une fois la pêche de ses rêves.
♦ Marquage.
La concurrence des professionnels par les amateurs est probablement plus amorale que
réellement préjudiciable pour les premiers. Ceci dit, nous approuvons toutes les dispositions
qui entraveraient le braconnage qui relève du travail illicite. La plus efficace – à notre
avis – serait l’instauration et l’application de sanctions très dissuasives pour les (rares)
contrevenants qui se font prendre.
Le marquage ? Oui, si il n’entraîne pas une dénaturation esthétique excessive des poissons
et qu’il soit simple à réaliser. Par exemple, en entaillant aux ciseaux une nageoire. Cette
opération n’étant pas pratiquée par les professionnels, permettrait de reconnaître dans la
chaîne de distribution les poissons issus du braconnage.
♦ Permis de pêche :
La pêche en mer est l’un des derniers espaces de liberté universellement accessible,
dès la plus tendre enfance et quel que soit le degré d’assiduité et donc de compétence.
Instaurer un permis de pêche revient pratiquement à remettre en cause ce principe auquel
nous sommes viscéralement attachés, d’autant qu’il a pour corollaire la responsabilité.
D’autant qu’il serait probablement perçu comme un « permis de tuer » et de facto
développerait un esprit « charognard » qui n’existe guère aujourd’hui chez les pêcheurs
de loisir. Ce serait vraiment désolant, aussi nous y sommes fermement opposés !
♦ Déclaration de l’activité de pêche maritime de loisirs :
Ce sera une excellente disposition si cette déclaration constitue le support d’une information
claire et complète concernant la réglementation de la pêche de loisir. Par contre cette
disposition doit être d’une mise en œuvre simple, nous l’imaginons (pour la pêche
embarquée) réservée aux propriétaires (chefs de bord) d’embarcations immatriculées, charge
à ces derniers de veiller à l’application du règlement à leur bord par leurs invités.
Nota : La réglementation étant par essence évolutive il faut prévoir la gestion du document :
mode d’information concernant les évolutions et mise à disposition des déclarations à jour.
♦ Fond et forme de la réglementation de la pêche de loisir.
Nous pensons que cette réglementation doit être réécrite, voire repensée sur certains points :
- Réécrite avec une attention particulière à la définition des termes utilisés.
La réglementation (libellée sur la déclaration) doit ne laisser place à aucune
interprétation. Ainsi les écarts constatés pourraient entraîner une sanction
tarifiée directe (comme pour le code de la route) sans nécessité de passer par les
tribunaux.
- Repensée sur certains points. 2 exemples :
§ Limiter le nombre des palangres à 2 avec un maximum de 30 hameçons
n’a pas de sens dans des zones balayées par les courants comme le Golfe
du Morbihan ou la Ria d’Etel. Nous préconisons la possibilité alternative
d’utiliser un plus grand nombre de palangres (par exemple 4) avec très peu
d’hameçons chacune (1 ou 2).
§ Nous souhaiterions pour des raisons de convivialité et surtout de sécurité,
que la pose et la relève conjointes des engins dormants (casiers, filets
et palangres) par 2 pêcheurs embarqués sur un même bateau soient
autorisées, à condition que :
• chacun des pêcheurs possède son titre de navigation sur lui.
• les bouées portent l’immatriculation respective de chacun des
pêcheurs.
Ceci clôture l’énumération des dispositions que nous considérons comme essentielles.