ATTENTION AUX MÉDUSES !

Publié le par JMV

ALERTE EN PROVENANCE DU CENTRE ANTIPOISON.

A LIRE ATTENTIVEMENT ET À COMMUNIQUER AUTOUR DE VOUS.

 

Conduite à tenir en cas d'envenimation par PHYSALIA PHYSALIS (portocole médecin)

 

C. H. U. hopitaux de BORDEAUX.

 

Les physalia physalis sont des invertébrés marins venimeux de la famille des cnidaires ; elles comportent un polype différencié en un sac gonflé d'air et surmonté d'un "voile" ou "flotteur" qui permet à toute la colonie suspendue sous lui de naviguer au gré des vents et des courants. Leurs filaments ont la particularité de posséder des cellules urticantes spécialisées (cnidocytes) munies d'un système "harpon-like" permettant d'injecter le venin. Les filaments peuvent mesurer plusieurs mètres ; ils sont fragiles et se rompent facilement ; ils sont alors peu visibles et peuvent flotter au gré des vagues loin du "flotteur" ce qui n'attire pas la méfiance des baigneurs.

Les physalies ont un aspect très différent des méduses que l'on rencontre habituellement sur nos plages ; le "voile" ou "flotteur" est d'aspect rosé ou bleuté, flotte hors de l'eau à la surface et mesure environ 10 à 15 cm. C'est pourquoi, elles peuvent être confondues avec un sac plastique qui flotte, voire avec un petit ballon de plage luisant au soleil.

L'importance des signes cliniques observés est fonction de la surface de contact avec ces cnidocytes et en particulier les signes généraux.

 

En cas de contact avec ces animaux marins, nous proposons la prise en charge suivante :

 

Les lésions cutanées :

- La douleur est immédiate et très souvent intense (EVA>7), irritante vers la racine du membre ; l'intensité de la douleur reste importante pendant deux ou quatre heures puis diminue.

 

- Les lésions sont responsables d'une sensationd e brûlure ou de décharge électrique avec érythème, phlyctènes voire de nécrose retardée ; l'érythème dessine typiquement la trace des filaments ; il peut exister également des paresthésies au  niveau du membre envenimé.

 

- Le traitement initial consiste à enlever dès que possible les filaments qui restent collés sur la peau : Il faut alors utiliser avec précaution de la mousse à raser ou du sable sec (le sable humide est trop lourd et favorise la décharge des cnidocytes) et les enlever avec un carton rigide voire avec la tranche d'une carte de crédit. Il est souhaitable de compléter cela avec un rinçage à l'eau de mer (ou avec un sérum salé isotonique) de préférence tiède (le vinaigre est utile pour traiter les envenimations par méduses "classiques", mais formellement déconseillé pour les physalies. Dans le doute vis-à-vis de l'identification de l'animal, il doit être proscrit).

Il convient de terminer par l'utilisation d'antiseptiques et par un traitement antalgique après évaluation de la douleur (en particulier, les anesthésiques locaux tels la lidocaïne percutanée, en l'absence de contre-indication). Ces lésions cicatrisent difficilement et peuvent laisser des zones cicatricielles hyperpigmentées.

 

Remarques :

- Les antihistaminiques et/ou corticoïdes (locaux ou par voie générale) n'ont pas fait la preuve de leur efficacité.

- Les harpons des cnidocytes traversent les gants chirurgicaux ; ceux-ci ne sont donc pas protecteurs.

- Il est important de ne pas exposer un sauveteur qui interviendrait dans l'eau : Il est conseillé de porter une combinaison avec gants et de ne pas immerger la tête.

 

Signes généraux :

Un cas mortel a été décrit en Australie lors d'une exposition majeure ; en conséquences, il apparait nécessaire que toute victime d'une envenimation présentant l'un de ces signes généraux puisse être examinée par un médecin voire être surveillée en milieu hospitalier en cas de persistance de ces symptômes.

 

Ces signes durent dans la plupart des cas moins de 2 heures et sont retrouvés pour ce type de cnidaires :

- Malaises, vertiges, céphalées, pâleur, anxiété, hypersécrétionlacrymale et nasale, fièvre (signe de gravité)

- Nausées, vomissements, douleurs abdominales

- douleur thoracique rétrosternale, tachycardie, hypo ou hypertension artérielle : En cas de douleur thoracique et/ou de dyspnée, un dosage de la troponine doit être réalisé.

- Dyspnée, gêne respiratoire, détresse respiratoire.

- Prurit,

- Spasmes musculaires, arthralgies, frissons

- Choc anaphylactique (rare).

 

A distance de l'envenimation : Maladie sérique dans un délai de 2 mois (sous forme d'éruption récurente).

 

Il est important de déclarer les envenimations au Centre Antipoison de Bordeaux afin d'évaluer les séquelles éventuelles à long terme.

 

GROUPE HOSPITALIER PELLEGRIN - Tripode 1er étage,

Place Amélie Baba Léon 33076 BORDEAUX CEDEX - tel : 05 56 79 56 79 

www.chu-bordeaux.fr

 

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